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Dictionnaire insolite de la Suisse

Alpages idylliques, consensus politique et paradis fiscal : où se situe la limite entre clichés et réalité ? Guy Chevalley revisite les valeurs et les mythes fondateurs de la Suisse, un pays souvent jalousé et parfois décrié. Il fait un pas de côté pour décrire une nation assurément insolite, au visage multiculturel, où la fameuse démocratie directe se révèle pleine de surprises, du dernier « procès en sorcellerie » au scandale des fiches de renseignement. C’est aussi dans son quotidien que la Suisse se distingue : « barrière de röstis », poubelles de table ou encore caissettes à journaux en libre-service ! À n’en pas douter, la Confédération helvétique reste finalement bien mystérieuse.

Au-delà des guides touristiques, les dictionnaires insolites vous font voyager par les mots et aident à briser les idées reçues.


 

978-2-84630-178-7
12 x 17 cm160 pages
11 €

À propos de l’auteur

Prix du Jeune Écrivain de langue française en 2010, Guy Y. Chevalley a publié deux romans, Cellulose (Olivier Morattel, 2015) et De fiel et de fleurs (L’Âge d’Homme, 2019). Son travail se caractérise par une exploration critique des rapports sociaux de pouvoir et une écriture teintée d’ironie. Il a également cofondé le collectif littéraire suisse AJAR, avec lequel il a notamment fait paraître Vivre près des tilleuls (Flammarion, 2016). Il est né à Genève, où il vit toujours.

Pour en découvrir un peu plus sur l’auteur : www.guychevalley.com.

© Photos : DR

 


Guy Y.  Chevalley revient sur ses choix d’écriture au micro de Radio Télévision Suisse, dans l’émission littéraire « Quartier Livre ».


Guy Y. Chevalley a bien voulu se prêter au jeu de l’interview à l’occasion de la sortie de son livre.

Quel est le premier mot que vous avez choisi de développer ?
Le Conseil fédéral. Sept « sages » réunis par une « formule magique », c’est unique pour un gouvernement ! Il fonctionne de façon consensuelle et je crois qu’on retrouve ce désir de bonne entente, de raison, de pragmatisme, au quotidien, dans la vie des gens. Si cela implique de lisser les choses, c’est néanmoins la garantie d’un certain respect entre des personnes très différentes.

Pourquoi écrire un Dictionnaire insolite de la Suisse ?
Vous souvenez-vous du jeu Une famille en or ? Je le regardais, enfant, et un jour on y a posé la question : « Citez un pays dont on ne parle jamais. » La Suisse était la première réponse du panel ! Cela m’avait sidéré. J’en ai gardé l’idée que la Suisse reste très mystérieuse, vue de l’extérieur. J’avais envie de la démystifier. Y compris pour moi, d’ailleurs. Un pays multiculturel et décentralisé présente de nombreuses spécificités locales. J’ai appris beaucoup de choses en travaillant à ce projet.

Quelle image de la Suisse souhaitiez-vous partager ?
On résume souvent la Suisse à un État prospère, neutre et plutôt gentil. En réalité, c’est un terrain très disputé entre conservatisme et libéralisme. Le point de jonction pour ces deux camps, c’est l’argent ; il occupe une place primordiale. Aucun pays n’est parfait. J’ai voulu proposer un regard critique sur la carte postale idyllique, explorer les idées reçues, gratter le vernis. Je suis privilégié de vivre en Suisse, mais cela ne signifie pas que je doive tout accepter sans me poser de questions.

Quelles sont les notices, ou bien les thèmes, qui vous tiennent le plus à cœur ?
Je tenais à souligner le rôle joué par les femmes, que ce soit dans l’art (Meret Oppenheim), la justice (Carla Del Ponte), la politique (Ruth Dreifuss), le sport (Denise Biellmann) ou encore la défense du travail du sexe (Grisélidis Réal). La Suisse a connu deux « grèves des femmes » en 1991 et 2019. Le système de démocratie directe peut accélérer certaines mesures mais, d’une façon générale, les luttes sociales prennent beaucoup de temps.
Et si vous me prenez par les sentiments, je ne refuserai jamais une tartine de Cenovis sur une tranche de tresse au beurre !

Quelle est l’entrée la plus insolite pour un Suisse ?
Celle sur l’esclavage, qui explique que des familles se sont enrichies grâce à la traite négrière et à la colonisation. Le travail de mémoire ne fait que commencer dans ce domaine. La Suisse aime l’idée qu’elle est au-dessus de tout soupçon. Quand les historien·ne·s prouvent le contraire, cela fait grincer des dents. À un niveau bien plus trivial, on mange du birchermüesli à tour de bras, mais peu de gens savent qu’il y a eu un excentrique Dr Bircher pour l’inventer !

Enfin, à qui s’adresse ce dictionnaire ?
Autant pour le public étranger que pour le public suisse. J’ai eu à cœur de me documenter de façon précise et de construire un propos teinté d’ironie, accessible à tout le monde… qu’on connaisse bien la Suisse ou pas du tout.

Informations complémentaires

Poids 0.160 kg
Dimensions 12 × 17 cm