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Partir à Florence

À la fois ville musée et cité bien vivante, hérissée de tours et de clochers, Florence est synonyme de Renaissance. Loin du baroque exubérant des autres villes d’art italiennes, la capitale de la mode impose sa magnificence et une élégance toute puritaine. Ses contrastes, de couleur (blanc et noir ouvert foncé), ses personnalités extrêmes (Savonarole, Machiavel, Laurent de Médicis…) font écho à ses originalités marquées, épicuriennes et victoriennes. Un véritable échiquier, tel que la décrit Lucien d’Azay, l’auteur du Dictionnaire insolite de Florence, qui nous guide au cœur cette mer de toits en tuile, des bords de l’Arno jusqu’au café Rivoire… On dit l’enclave idéale pour déguster un épais chocolat face à la tour d’Arnolfo.

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Un voyage par les mots dans l’univers des chats et des hommes

Anarchiste, dormeur, espion… Beaucoup de mots et d’adjectifs pour définir le chat mais aussi et surtout raconter des événements historiques, des légendes ou des faits de société. Dans ce dictionnaire insolite, les personnalités ne sont pas forcément celles que l’on attend, Usain Bolt côtoie Freddy Mercury, Louis-Ferdinand Céline et Jacques Derrida mais aussi Koko, Ti-Puss, Tombili, Choupette ou Souris. Les entrées Néoténie et Orgueil feront sourire même les plus sceptiques, et celle intitulée « PPP » parlera à tous les amoureux des chats…

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Mon premier mot

« Au moment d’écrire le livre, le premier mot auquel j’ai pensé, c’était Marzahn. C’est le nom d’un ancien quartier de Berlin-Est surgi dans les années 1970, relégué tout au bout d’une ligne de tram grinçant. Succession d’immeubles préfabriqués strictement identiques, c’est une banlieue dortoir sans intérêt pour le touriste. Mais pour moi, Berlin a commencé là : j’y ai habité la première fois que je suis venue, en 1991, et à travers l’histoire de ce quartier je lis les bouleversements de l’histoire récente de l’Allemagne. »

Sara Roumette, Dictionnaire insolite de Berlin

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Parutions 2021


Premier titre dans la collection thématique :  le Dictionnaire insolite du chat, écrit par Fleur de la Haye-Serafini.
Avec ce livre moderne et éclectique, l’auteure s’interroge avec humour sur la façon dont chaque société perçoit la figure du chat, et propose une promenade entre civilisations et cultures, légendes et réseaux sociaux, tendresse et taquinerie.


Dans la collection des dictionnaires de civilisation : 

le Dictionnaire insolite de la Pologne, par Jean-Luc Sochacki.
Des villes aux accents italiens, une côte baltique très prisée en été, de grands musées… la patrie conservatrice de Jean-Paul II est à re-découvrir.

le Dictionnaire insolite de Taïwan, par Lucie Rault.
Entre charme et modernité, Taïwan thésaurise la mémoire du patrimoine chinois traditionnel.

le Dictionnaire insolite d’Israël, par Mati Ben-Avraham.
Apprivoiser l’aridité, canaliser le capital humain, développer un art de vivre ne pouvait qu’engendrer de l’insolite à la pelle.

• le Dictionnaire insolite de la Turquie, par Samim Akgönül.
À travers ses traditions, ses plaisirs gustatifs, de savoureuses expressions, des poètes, musiciens et personnalités contemporaines, la Turquie montre un visage riche et varié.

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Comprendre la Turquie

Avec l’auteur du Dictionnaire insolite de la Turquie, Samim Akgönül

Quel est le premier mot que vous avez choisi de traiter ?
Lorsque j’ai commencé à rédiger le dictionnaire, la première chose à laquelle j’ai pensé était l’adjectif « insolite ». J’ai réfléchi à une traduction du concept en turc (et en d’autres langues) et à vrai dire je n’ai pas trouvé d’équivalence satisfaisante. Qu’est-ce qu’insolite ? Bizarre ? Inhabituel ? Drôle ? Parfois les concepts voyagent, là non. Ce flou sémantique m’a amené à traiter en premier la « langue d’oiseau » (kuş dili), suffisamment bizarre, inhabituelle et drôle. Je ne vous dis pas ce que c’est, pour garder le suspense, mais simplement : « pougour sagavoir, agachéguéteguez legeu liguivre »

Pourquoi avoir voulu rédiger un Dictionnaire insolite de la Turquie ?
Avant tout, j’adorais la collection. J’aimais la manière dont chacun de ces dictionnaires reflétait non seulement un pays, une ville ou une région mais aussi son auteur, son style, son vécu, sa lucarne d’entrée dans la culture concernée. J’ai voulu faire de même pour la Turquie qui, en soi, est assez insolite. Et puis, il faut le dire, en ce moment, le pays ne renvoie pas une image très positive. Les approches en France sont plutôt critiques, maussades. Et il y a de quoi. Mais à travers ce livre, j’ai voulu montrer que la Turquie ne se limitait pas à son Président !

Quelles sont à votre avis les idées reçues sur la Turquie ?
« Les préjugés sont la raison des sots » disait Voltaire, et il y en a un paquet sur la Turquie – les Turcs en ont à peu près autant à propos de la France… Le premier est certainement cette image faite d’un seul bloc. La société turque est traversée par des lignes de fracture parfois plus épaisses que celles qui la séparent d’une société occidentale. Une frange de la population vit et se comporte de façon plus occidentale qu’en Occident. Une autre idée reçue est peut-être liée à l’Histoire ou plutôt à son interprétation qui fabrique un « Turc », un « autre » par excellence, tant dans son islamité que dans son ottomanité. Ceux que l’on perçoit comme « Turcs » en Occident peuvent être aussi bien Turcs, Kurdes, Sunnites, Alevis, religieux ou séculiers, toutes ces catégories se détestant souvent entre elles. Le préjugé géographique doit aussi être mis en pièces : la Turquie est déjà européenne d’une manière institutionnelle (elle est membre de toutes les institutions européennes sauf de l’Union) et il ne faut pas oublier qu’une partie de son territoire est sur le continent européen.

Les Turcs sont-ils nostalgiques du temps de l’Empire ottoman ?
Oui, beaucoup, mais les conservateurs et les nationalistes regardent l’Histoire ottomane à travers les lunettes d’aujourd’hui ! Alors que tout au long des premières décennies de la République, l’Histoire ottomane avait été présentée comme celle d’une décadence, depuis les années 1990, les conservateurs islamisent et les nationalistes turquisent à outrance ce passé à multiples facettes. Les séries télévisées ont créé une société ottomane fictive où tout le monde est beau, riche, musulman et turc en enterrant la diversité ottomane tant sur le plan social que religieux et linguistique. Tous les Turcs pensent descendre de Soliman le Magnifique alors que très probablement leur ancêtre était un forçat anatolien, balkanique ou proche-oriental, misérable, qui le détestait.

Modernité/tradition, Islam/laïcité, Europe/Moyen-Orient, comment se positionne la Turquie ?
Ces dichotomies nous permettent de réfléchir, mais elles sont, pour utiliser le concept du sociologue Max Weber, des idéaltypes. Premièrement, la société turque est bien trop divisée pour entrer entièrement dans ces catégories. Ensuite, le sens que l’on donne aux termes comme « modernité » ou « laïcité » n’est pas identique selon que l’on soit en France ou en Turquie. Une personne perçue comme traditionaliste peut très bien se considérer à la pointe de la modernité. Enfin, ces catégories sont très dynamiques dans la société turque où la mutation est rapide et permanente. Bref, la Turquie est tout cela, en concomitance, de façon consécutive, en synonymie et en antonymie.

Comment être turc aujourd’hui en Turquie et en Europe ?
Le problème d’être Turc aujourd’hui est l’incapacité de ne pas en être. Je m’explique. En Turquie, il y a une telle propagande nationaliste et un tel discours anti-non-turc que le corridor qui mène vers un individu sans le poids de la « turcité » est très étroit. Tanpınar disait dans les années 1950 « ce pays n’autorise pas ses enfants à penser à autre chose qu’à lui-même ». C’est encore plus vrai aujourd’hui. À côté de cet embrigadement interne, en Europe, nous sommes face à un embrigadement externe dans la mesure où les sociétés majoritaires attribuent, sans complexes, au Turc (au singulier) un comportement forcément religieux, violemment nationaliste, « européicide » à souhait… C’est le fardeau habituel des minorités, où chacun est en lutte à la fois avec la majorité qui le repousse et la frange dominante de la minorité qui le retient.

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