À propos de l'auteur

Enseignante de langue et civilisation espagnoles et hispano-américaines, Dolores Serrano García n’a eu de cesse, tout au long de sa carrière, de lire, traduire, corriger ou consulter des archives… Loin de se spécialiser, avec la même passion, elle s’intéresse à tout, attentive à chaque grain d’histoire, grande ou petite, de la musique à la gastronomie, de la faune à la flore sauvage, de l’architecture aux savoir-faire artisanaux… Très tôt, les récits familiaux la captivent, les photos d’époque entraînent son imagination, les cartes anciennes la font rêver, plus tard ses voyages à travers l’Europe et l’Amérique latine compléteront cette soif de connaissance et enrichiront sa double culture. Toujours consciente que ces explorations sont infinies, elle éprouve une grande joie à raconter ce qu’elle sait et, à travers ce Dictionnaire insolite de l’Espagne, dépeint par petites touches le pays de ses aïeux.
Dolores Serrano García a également écrit, aux éditions Cosmopole, le Dictionnaire insolite de l’Andalousie.
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Entretien avec l’auteur, juin 2026
Baignée dans une double culture toute votre vie, quelle image de l’Espagne souhaitiez-vous transmettre avec ce dictionnaire ?
Mes choix ont d’abord été orientés par la consigne du mot « insolite ». Exit donc une volonté de transmettre mon image du pays, mais je ne voulais pas m’appesantir sur une Espagne folklorique. J’ai cousu bout à bout des détails singuliers, des anecdotes excentriques, des destinées hors du commun, des paysages originaux et des événements exceptionnels en ajoutant des informations qui me tiennent plus à cœur et en évitant les stéréotypes. Non, tous les Espagnols ne dansent pas le flamenco, je n’ai jamais assisté à une corrida et, c’est un fait, la religiosité est en berne !
J’ai tenté d’atténuer cette idée de plage-fiesta qui est le premier cliché, le pays est solaire certes, mais aussi dynamique, travailleur, accueillant, solidaire, ingénieux. Les thèmes que j’ai souhaité mettre en avant donnent une autre idée de ce pays-mosaïque aux tesselles si différentes et au tempérament exceptionnel.
Après avoir consacré un livre à l’Andalousie, comment avez-vous envisagé le pays dans son entièreté ?
En vérité, le défi était de traiter toute l’Espagne dans un nombre de pages limité, il a donc fallu picorer à droite et à gauche. L’écriture s’est faite dans le désordre le plus complet et le hasard a bien fait les choses : toutes les communautés autonomes sont bien là.
Dans une des entrées, vous décrivez un chocolat chaud français assez dilué, en contraste avec le chocolate qui tient au corps et réconforte. Quelles autres spécialités espagnoles recommanderiez-vous ?
Joker ! Bon, si vous y tenez, je ne peux que recommander les tartines de ma grand-mère : du pain (mais quel pain) légèrement grillé avec un filet d’huile d’olive (de la vraie) et un peu de sel… pour le petit déjeuner bien-sûr !
Nous avons remarqué la présence notable de Don Quichotte et Velázquez au fil des pages, pouvez-vous nous en dire plus ?
Cela ne s’est pas fait à dessein. Mais, voilà deux monstres inévitables et je savais que je n’allais pas faire d’entrées sur eux… trop titanesques ! Ils apparaissent de-ci, de-là, Velázquez dans « Disparitions » ou « Apparences trompeuses », Cervantes, que l’on croise dans « Habitations traditionnelles » ou « Jour du livre », pour ne citer que ces entrées parmi d’autres du livre. Au vu de mon admiration inconditionnelle pour eux, ils auraient même pu y figurer davantage.




